mercredi 6 février 2008

Hier, enfin ce matin devrais-je dire, j'étais au lit à 5 heures....
A la même heure exactement, mon cher papa, en France, se levait et, ne pouvant dormir, se mettait devant l'ordinateur pour rédiger sa prose...
Oui, on est plutôt décalés. 
Lui à Sainté, son boulot d'instit et de directeur d'école à gérer, ses réunions de quartiers et autres, et son "rôle" de père et mari à tenir. 
Et moi, ici, à Salzburg, dans mon  "rôle " d'étudiante Erasmus qui a envie de profiter des moments qu'elle passe ici, de savourer le tout, pour ne pas, une fois juin arrivé, regretter. 
Ce serait la pire des choses je crois. Bien sûr, je me dirais "tu aurais dû faire ça et ça, visiter cela, aller voir ici, ..." mais j'essaie tout de même de faire en sorte que ça arrive le moins possible, que la liste des regrets tienne sur un post-it!
Donc disons que depuis que je suis en vacances, soit jeudi soir, je sors pas mal! Profiter pour ne pas regretter. Philosophie simpliste me direz-vous, il est vrai, mais cette année est aussi particulière, et puis je mets là tout de même un bémol: pour moi, entre profiter et tomber dans l'excès,  il y une limite. Et cette frontière là, il ne m'intéresse point de la franchir!
Ainsi, les soirées se suivent... mais ne se ressemblent pas, par contre. Disons qu'il y a des soirs où l'ambiance est bonne, je rentre chez moi satisfaite, souvent bien plus, heureuse, le sourire aux lèvres. Et puis  d'autres où je suis déçue, et apprécie finalement d'être rentrée...comme hier par exemple. 
Ici, ils fêtent aussi mardi gras, mais il lui ont donné le nom de "fashing dienstag" (mardi déguisé, quoi!). Bon, sur le papier, ça a l'air bien tout ça, ça donne envie de sortir, s'amuser, danser, rencontrer des gens, se déguiser pourquoi pas,... mais voilà, Salzburg n'est pas non plus LA ville étudiante par excellence! C'est bien beau la journée d'attirer les touristes avec des Mozarts en veux-tu, en voilà, mais le soir venu...les animations, il n'y en a pas des masses, et les lieux sympas, ils se comptent sur les doigts de la main. 
Ainsi, hier soir, moi qui voulait fêter dignement mardi gras, j'ai été plus que déçue (et c'est là un euphémisme). Petit flashback:
Rendez-vous d'abord avec une amie, chez elle, histoire de prendre l'apéritif tout en papotant. Puis on rejoint d'autres compères dans un bar. Là, gens déguisés, ambiance plutôt sympatoche mais sans plus: bonne musique, mais seulement quelques personnes qui dansent, le reste a l'air de dormir à moitié sur les chaises, ou discute gentiment "Hé les gars, c'est mardi gras, on se bouge "j'ai envie de leur crier! Quoi de plus frustrant en effet que d'avoir envie de faire la fête et de se retrouver face à des gens inactifs ! Voilà, la soirée a à peine débutée et je suis coupée dans mon élan! Mais, il faut savoir que la Laura hyper motivée à bloc ne se laisse pas si facilement démonter! Donc mes compatriotes et moi même optons pour aller voir ailleurs! Mais voilà, où? Et là, après diverses tergiversions, on termine où je redoutais déjà d'aller... j'ai nommé un pub irlandais nommé "Shamrocks". ça sonne pas mal comme ça, mais il faut voir le lieu pour comprendre, cotoyer la réalité pour réaliser: cela se situe dans LA rue des bars, c'est-à-dire LE lieu où vont tous les étudiants....ça paraît là encore pas si horrible me direz-vous, mais attendez la suite. D'une part, c'est toujours bondé, d'autre part, c'est rempli d'hommes qui semblent être à la chasse à la femme (incroyable, on ne peut pas croiser le regard d'un garçon sans que celui-ci se mette aussitôt à te parler, voire, quand il ne veut pas s'embêter avec les formalités, qu'il aille direct au but...il faut savoir être "réactive" dans ces cas là! Mais c'est quand même pénible d'être obligée soit de baisser les yeux toute la soirée, soit de mettre en applications les prises de ju-jitsu du mardi!). Ajoutez à cela, la musique tellement forte que tu dois hurler pour que ton voisin te comprenne,  et que t'as mal aux oreilles au bout de 5 minutes, des piliers de comptoirs incroyablement lourdeaux, qui te branchent dès que tu vas passer ta commande, ou te baraguinent deux mots en anglais dès qu'ils captent que t'es étrangère, des coups dans les côtes, dans la tête- quand c'est pas un coup de coude dans la lèvre- que tu te prends (cause aussi ma petitesse!), la fumée accumulée, qui fait que tu tousses ou que tu respires plus, c'est au choix, et une chaleur étouffante (si c'est pour qu'on enlève les pulls directs, c'est gagné!).
Donc on se retrouve là, parce qu'on a osé penser que ce soir ce serait mieux, parce qu'on a vouloir avoir une lueur d'espoir... mais malheureusement, même si ça nous fait un peu mal de l'avouer, non: du monde comme d'hab, des personnes costumées, mais vraiment aucune ambiance, niet, nada, nul! 
Alors, au bout d'un moment, on  prend la sage décision de sortir (s'acharner à rester tiendrait presque du sadomasochisme!).
Et on est dehors. Là, spectacle plus que désolant des jeunes étudiants, tous plus saôuls les uns que les autres, assis sur le trottoir, à tenter de rassembler le peu d'esprit qu'il leur reste, ou/et à vomir leurs tripes, quand ils ne sont pas en train de s'insulter, voire se battre entre eux...On a atteint l'apogée, je crois! 
Et n'ayant plus d'autres idées, mais souhaitant fuir, loin, loin, ne plus voir tout ce monde, respirer de l'air frais ...on a fini par aller faire une petite promenade! 
Et nous voilà, à 3 heures du matin, en train de nous balader sur les bords de la Salzach...A maudire cette soirée, et tout le reste!
Mais notant, malgré tout, que Salzburg by night, c'est beau!!! (seul point positif de la soirée!)
Alors décidément, nous trois, le fleuve et ses remous, et tout là-haut, les étoiles, qui nous narguaient presque, ce fût finalement le meilleur moment de la soirée je crois!
Ah, sacré mardi gras, on s'en souviendra!!



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